Limoilou en odorama

Parc Sylvain-Lelièvre, s4e Avenue
Pommetiers du parc Sylvain-Lelièvre, sur la 4e Avenue. 20 mai 2015.

Tout flâneur urbain qui se respecte sait que chaque quartier de chaque ville du monde a ses odeurs particulières. Si Montréal sent le bagel et Paris, son métro, Limoilou propose à qui veut bien le sentir un bouquet olfactif des plus variés. Ouvrez grands vos narines et fermez les yeux : respirez Limoilou, et partez pour un voyage des plus surprenants...

Laboratoire d’odeurs à ciel ouvert

Papiers White BirchBon, on ne va pas se mentir : quand ça pue, ça pue, à Limoilou ! Les odeurs ici, il y en a des milliers, et certaines sont parfois plus fortes et entêtantes que d’autres. D’abord, l’usine de la Daishowa qui, quand le vent s’en mêle, nous exhale une odeur écœurante de chou. Honnêtement, ça plombe un peu le moral et la balade en amoureux au crépuscule. Plus rare, et quand le vent vient de l’ouest, c’est l’usine de cigarettes qui vient nous enfumer et nous piquer la gorge avec ses senteurs de tabac. Quand ça sent le cendrier, mieux vaut rester encabané.Passons rapidement, car quand ça sent bon à Limoilou, c’est une ode aux plaisirs de la vie. Fin mai, quand un petit vent chaud nous apporte un effluve de lilas, c’est le bonheur total. Un arôme enveloppant et réconfortant après ces mois de neige où aucune odeur ne transperce le manteau de neige. On ralentit le rythme, et l’on se laisse porter par notre nez en quête de senteurs florales variées. La belle saison lance aussi l’odeur bleue des barbecues, caractéristique du beau temps. On mange quoi, ce soir ? Une petite sniff suffit à nous inspirer, ce sera de la viande délicieusement grillée.

Un aller simple pour Bogota

3e AvenueAllons aux choses sérieuses et étudions plus attentivement le secteur de la 3e Avenue, compris entre la 4e et la 6e Rue. Ce quadrilatère particulier recèle des échantillons d’odeurs les plus savoureuses et dépaysantes du secteur. Un mélange tout à fait inédit, un extrait original, l’essence même de Limoilou. Allez y faire un tour à diverses heures de la journée, et ouvrez grand vos narines : vous êtes bons pour un voyage à peu de frais !D’abord, une des odeurs les plus délicieuses qu’il soit, c’est celle des petits pains chauds tout juste sortis du four, gracieuseté de la Boîte à pain, qui nous transporte à Paris pour quelques instants. Un petit plaisir réservé à ceux qui se lèvent tôt. Puis, ajoutez l’exquis parfum du café en torréfaction de la Brûlerie Vieux-Limoilou, celui des arômes cuivrés de l’Amérique du Sud. Une grande respiration, et vous prendrez un aller direct pour Bogota.Vers midi, il flotte dans l’air l’odeur subtile des bouillons asiatiques et du riz à sushi des frères Hosoka-ya, un envoûtant parfum d’Asie qui ouvre l’appétit. Plus délicieux encore, en plein cœur de l’été, après l’orage, il monte des rues et ruelles le délicieux parfum de la terre mouillée, un bouquet végétal puissant, une odeur presque tropicale. Vous y êtes, fin du voyage, tous à la sieste.Chez les humains, la mémoire olfactive est l’une des plus puissantes. Quand je reviens à Limoilou après une longue absence et que je reconnais toutes ces odeurs si caractéristiques, c’est un peu comme reconnaître le parfum de son premier amoureux dans le sillage d’un inconnu. C’est magique, et ça réveille soudain les meilleurs souvenirs de la vie.